
vous informe :
Les dangers du pétrole
Le diesel et micro-particules : le silence des médias
Extrait de Ville et Transport - Le magazine professionnel du transport européen
Je voudrais d’abord vous exprimer ma
considération pour avoir publié, dans plusieurs numéros de Ville&Transports-M en
2004, les résultats de l’étude de l’AFSSE (Agence Française de Sécurité
Sanitaire Environnementale) effectuée sur l’année 2002 sur la nocivité du
Diesel. )
Je note que (à ma connaissance) vous avez été les seuls à publier cette étude
accablante. Le ministère de la santé publique n’a absolument pas communiqué sur
le sujet. Pourtant, l’ampleur du problème aurait justifié une action importante.
On a fait grand bruit des 8 000 tués annuels sur les
routes de France, mais on ne parle toujours pas des 20 000 à
50 000 morts annuels causés par le diesel.
Vos confrères de la presse spécialisée dans l’automobile n’ont pas voulu
davantage entrer en matière. J’ai moi-même contacté les magazines de
l’automobile, et plus particulièrement ceux traitant d’automobiles sportives et
de compétition habitués à « casser du mazout » à chaque page, pensant trouver là
des auditeurs intéressés, copie de vos articles à la clé, sans résultat. L’étude
de l’AFSSE de 2002 accusait le diesel de 20 000 à 30 000 morts par cancer des
voies respiratoires. En 2005, l’ampleur du problème a considérablement progressé
: on parle ici et là de 50 000 morts en France alors que nos voisins
allemands émettent le chiffre de 65 000 morts annuels.
Hormis vous-mêmes, pourquoi la grande presse refuse-t-elle d’aborder ce sujet ?
L’Etat est-il si préoccupé de ses rentrées fiscales qu’il ne souhaite pas
tuer « la poule aux oeufs d’or » ? Le lobby pétrolier est-il si puissant qu’il
peut museler les interrogations citoyennes ?
L’AFSSE met en lumière le rôle croissant joué par les micro-praticules
d’hydrocarbures PM10 et autres PMP2.5 et PM25 (dimension des particules en µm,
micromètres ou microns). Ces particules microscopiques sont produites
essentiellement par les moteurs diesel de technologie récente à injection à très
haute pression (1 600 à 2 000 atm). Les FAP (Filtres à particules) n’apportent
pas de solution. Des études ont montré que les FAP du commerce n’arrêtent pas
plus de 30-60 % de ces micro-particules. Aujourd’hui, 2 % des véhicules diesel
seraient équipés d’un filtre à particules, principalement des véhicules de haut
de gamme.
Patrick Chevaux, Gex (Ain)